Parfois je ne me sens pas à ma place au labo. J'ai d'énormes difficultés à me concentrer et je n'arrive à être efficace que sous pression. La veille d'une présentation, par exemple, je peux lire des tonnes d'articles en retenant de manière efficace les informations et en plus y trouver un intérêt. Est-ce parce que ce que je fais ne me passionne pas ?
Et je ne peux m'empêcher de regarder autour de moi et de me comparer aux autres. Ces jeunes chercheurs plein d'entrain, toujours motivés à lire des publis, à qui on s'adresse quand on a une question scientifique... Et moi je suis la cruche qui de toute façon n'a pas assez de connaissance pour répondre. Et même quand je fais des efforts lors des séminaires d'unité, j'ai beaucoup de difficultés à suivre car je ne comprends pas. Pourtant mon cerveau est fait de la même manière que les autres. Mais je n'ai pas su saisir ma chance il y a deux ans quand je me suis lancée dans l'aventure de la thèse. J'aurais aimé bosser comme une dingue, mais je ne suis qu'un imposteur.
C'est pour ça que j'envie tellement les jeunes de mon âge qui travaillent beaucoup et qui de ce fait, avancent dans leur vie professionnelle. Moi j'ai l'impression que je régresse un peu plus chaque jour. La seule chose qui me fasse me sentir vivante au delà de mes amis et ma famille, c'est la pole. Et heureusement que je me donne à fond là dedans en ce moment parce que sinon je pense que je déprimerais. Et je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Pourtant j'aime la science, j'aime la cosmétique, la biologie de la peau, la toxicologie. Mais j'ai jamais réussi à aimer l'immuno.
Bien sûr j'ai le projet de partir à l'étranger, de réaliser mon rêve qui est de vivre dans un pays nordique en 2018. Mais j'espère que je vais trouver un métier plus en adéquation avec ce que j'aime réellement faire. Et ne pas avoir cette impression de perdre mon temps, de gâcher ma vie professionnelle.
Il y a quelques années, j'avais mon but en tête et je ne me posais certainement pas toutes ces questions. Peut être que j'ai plus une âme d'artiste qu'une âme de scientifique et qu'il aurait fallu que je me tourne vers une autre voie. Mais en même temps, j'ai toujours dit que je voulais faire un métier utile et pour moi la recherche a son utilité, tout comme la toxicologie. Et c'est surtout pour ça que je voulais le faire. Il faut que j'arrive à me persuader de cela, car ça ne coule pas de source.
On m'a dit il y a quelques moi que dans le boulot, on appréciais environ 20% de son temps et que c'était normal. Franchement j'ai du mal à m'y résoudre. Mais je vais me battre pour ces 20%.
Heureusement, j'arrive à être heureuse au quotidien grâce à tous les petits bonheurs que la vie m'apporte.
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